Entame de roman

Amsterdam est une ville magnifique en été – à condition que le printemps, souvent glacial, daigne céder sa place, ce qui n’arrive généralement qu’une année sur trois. Les vieux bâtiments révèlent toutes leurs couleurs, les gris se mêlent de bleu, le marron laisse entrevoir des notes d’orange, les lacs et étangs des parcs se débarrassent enfin de leur teinte noirâtre austère et renvoient la palette de couleurs que projettent le ciel et la nature verdoyante. Dès les premiers signes de soleil, la population s’embellit à vue d’œil, en particulier les femmes qui deviennent ravissantes avec leurs robes légères et leurs décolletés plongeants. Les terrasses des cafés et restaurants sont assaillis de flâneurs qui discutent jusqu’à très tard le soir un verre de vin à la main. Dans les parcs, les BBQ jetables dégagent une bonne odeur de viande grillée et laissent derrière eux des rectangles de gazons brûlés. La vie devient légère, on prend le temps de s’arrêter sur un banc à observer le rythme de la rue. L’existence reste un mystère mais les plaisirs soudain offerts rendent les questions plus soutenables. Le seul risque est de se laisser étouffer par la chaleur et de ne plus réfléchir du tout, de vivre au jour le jour tel un animal en se contentant du bien être éphémère que procure le climat devenu doux.

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